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SECTEUR COURANT DU MANUEL > TEDI - Transformations des États démocratiques industrialisés > Jérôme VALLUY    

  • Partie - Introduction - Éditorialisation scientifique et didactique
  • Chapitre - Humanités numériques plurielles
  • Section - Communication savante en humanités numériques
  • Sous-section - Temps court et temps long de la communication savante

    Au cours de décennies d’activités professionnelles, d’enseignement et recherche, chaque universitaire répond à des sollicitations diverses, éparses et non coordonnées : cours, articles, communications, conférences, rapports, bilans … Chaque sollicitation impose des contraintes de moment, de temps, de problématique, de taille et se trouve ainsi contextualisée de façon spécifique dans une conjoncture de court terme. Ces textes a priori disjoints prolifèrent et s’accumulent souvent pendant plus de cinquante années d’écritures. Ainsi, durant plusieurs de communications diverses liées au métier universitaire s’accumule pour chacun-e sur le web l’équivalent de plusieurs millions de signes d’écritures numériques produites dans des contextes très différents et souvent des conjonctures de court terme. Ce corpus numériques, formé sur temps longs par les traces de productions éparses, a-t-il une valeur en soi ? Peut-on y trouver une cohérence globale et peut-elle apparaître sur le web ? Une personne peut-elle maîtriser le sens de sa propre communication globale, dès lors qu’elle est massivement numérisée et archivée pendant un demi-siècle ? L’expérience de conception d’un système d’éditorialisation d’« ouvrage global » envisage cette possibilité de maîtrise mais conduit surtout à des reconsidérations sur les formes numériques de communication savante, notamment en ce qui concerne l’étoilement identitaires des universitaires, l’intérêt de recherches rétrospectives sur son propre corpus pour retrouver les lignes de cohérences qui en sont sous-jacentes et l’utilité de réflexions critiques sur les dispositifs d’éditorialisation pour préserver l’indépendance intellectuelle des professeurs et chercheurs, au bénéfice du public estudiantin et du public plus large des citoyens intéressés par un sujet.

    PLAN DE SOUS-SECTION

    Introduction

    1. Vers la production d’ouvrages numériques globaux ?
    1.1 Un ouvrage/archive stratifié
    1.2 Une archive individuelle
    1.3 Un livre-portail & livre-bibliothèque

    2. De l’ouvrage numérique global aux reconsidérations du métier.
    2.1 L’étoilement identitaire des enseignants-chercheurs
    2.2 La réapparition de lignes de cohérence globale
    2.3 L’indépendance d’éditorialisation et d’architexture
    Conclusion

Introduction - Sous-section - Temps court et temps long de la communication savante

Quelle éditorialisation numérique de décennies d’écritures conjoncturelles pour l’enseignement et la recherche ?



Au cours de décennies d’activités professionnelles, d’enseignement et recherche, chaque universitaire répond à des sollicitations diverses, éparses et non coordonnées : cours, articles, communications, conférences, rapports, bilans … Chaque sollicitation impose des contraintes de moment, de temps, de problématique, de taille et se trouve ainsi contextualisée de façon spécifique dans une conjoncture de court terme. Ces textes a priori disjoints prolifèrent et s’accumulent souvent pendant plus de cinquante années d’écritures. Le passage aux « écritures numériques » (Bouchardon, 2014) en diversifie les formes, augmente la probabilité de leur circulation, mais aussi la visibilité du stock accumulé. Comme pour les artistes, les écrivains et d’autres métiers, l’éditorialisation (Vitali Rosati, 2016) d’expressions universitaires s’imbrique avec des communications ordinaires sur les forums et réseaux avec publics, étudiant-e-s, collègues, amis… brouillant des frontières entre communications savantes et ordinaires. Leur regroupement dépend de dispositifs d’indexation et d’éditorialisation aux logiques variables : moteurs de recherche, plateformes de rééditorialisation, agrégateurs de contenus, profilages… Le corpus ainsi formé est peu rationalisé dans sa cohérence d’ensemble, et peu maîtrisable quant à ses effets de sens global tant pour l’individu que la profession.

Ce corpus numériques, formé sur temps longs par les traces de productions éparses, a-t-il une valeur en soi ? Peut-on y trouver une cohérence globale et peut-elle apparaître sur le web ? Une personne peut-elle maîtriser le sens de sa propre communication globale, dès lors qu’elle est massivement numérisée et archivée pendant un demi-siècle ?

Notre hypothèse est la suivante, en la limitant à la partie Web-indexé de l’Internet : en passant du papier au numérique, la technologie d’écriture contribue, parmi d’autres variables sociologiques (Elias, 1984), à modifier notre perception du temps et en particulier la temporalité dans laquelle prend sens le cumul des traces numériques. Dans le cas de la communication numérique des chercheurs & enseignants du supérieur, l’hypothèse pourrait être formulée ainsi : plus nos communications se numérisent plus notre cadre temporel de significations s’étend ; ce qui exacerbe les tensions autour du/des sens à long terme de nos expressions diverses et oblige à des reconsidérations professionnelles.

Inscrit dans une recherche sur les transformations numériques du monde universitaire (Valluy, 2013), les nouvelles « humanités numériques » (Valluy, juin 2015) et les sciences humaines en environnement de technologie (projet « Homtech » 2014-2016), le projet de recherche « HumaNum-EdiNum » (UTC, 2015-2016) n’a pas été conçu en fonction de cette problématique. Son point de départ se situe dans l’observation et l’analyse des nouvelles formes d’éditorialisation numérique dans l’éducation et la recherche. La problématique initiale (Valluy, nov. 2015) concerne la rareté sur le web en libre accès de textes de « gros volumes » d’origine universitaire (sommes, traités, encyclopédies, manuels, …) réutilisables dans l’enseignement, associant écrits, sons et images. Cette recherche, technologique et didactique, vise à concevoir ce que pourrait être un « manuel » de ce type, non un MOOC (« Massive Open Online Course ») dont les enjeux sont connus (Moeglin 2014), mais un autre type de MOOC : « Manuel Ouvert d’Organisation des Cours », rééquilibrant la place de l’écrit face à celle des vidéos et examinant le rapport entre numérique et présence en cours face à leur « hybridation » (Paquienseguy, Perez-Fragoso, 2011). Il fallait réunir un vaste corpus libre de droit et utilisable pour travailler sur le système de gestion de contenus (CMS) d’une éditorialisation numérique en libre accès sous formats multiples (html, pdf, epub, papier). Comme l’on ne trouve pas aisément plusieurs millions de signes réutilisables et manipulables en libre accès, l’auteur (49 ans) a compilé pour les besoins de l’expérience trente années d’écritures (1986-2016) produites comme étudiant, apprenti chercheur et universitaire.

Le travail sur le corpus, le CMS et l’éditorialisation numérique (enrichie, évolutive), depuis juin 2015 est partiellement accessible (partie des écrits, html seul, sans dispositifs d’interaction) : http://www.hnp.terra-hn-editions.org/TEDI/ Il s’agit d’un « chantier » qui demandera plusieurs années de travail. Le corpus a été retravaillé afin d’être organisé en un plan d’ensemble lié à une problématique et structuré sur cinq à dix niveaux de plan mais aussi par entrées multiples correspondant aux années et filières d’étude des étudiant-e-s aux domaines de spécialité (« études de cas » décennales) de l’auteur. L’utilisation en cours à fait l’objet d’une expérience-test en L3 et puis dans trois autres cours (synopsis : L2, L3, M1).

Grâce aux discussions du séminaire "Écritures numériques et éditorialisation", cette année sur les profils et traces numériques, le prototype "TEDI" a été reconsidéré comme « mémoire heuristique » (Merzeau, 2012) ou « mémoire réinventée » (Bouchardon, Bachimont, 2013) : un prisme pour analyser l’extension des temporalités de la communication savante, ce que l’on fera apparaître en présentant cet « ouvrage global » sous divers aspects (1re partie) avant de montrer que l’intérêt de cette expérience réside dans les reconsidérations qu’elle amène à faire sur les communications des enseignants-chercheurs (2e partie).

PLAN DE SOUS-SECTION

PLAN DE SOUS-SECTION


1. Vers la production d’ouvrages numériques globaux ?
1.1 Un ouvrage/archive stratifié
1.2 Une archive individuelle
1.3 Un livre-portail & livre-bibliothèque

2. De l’ouvrage numérique global aux reconsidérations du métier.
2.1 L’étoilement identitaire des enseignants-chercheurs
2.2 La réapparition de lignes de cohérence globale
2.3 L’indépendance d’éditorialisation et d’architexture
Conclusion

Jérôme VALLUY‚ « Introduction - Sous-section - Temps court et temps long de la communication savante  »‚ in Transformations des États démocratiques industrialisés - TEDI  - Version au 12 août 2022‚  identifiant de la publication au format Web : 425